Hand Spinners – Pourquoi ils sont devenus viraux (Psychologie)


“Papaaaa. Est-ce que je peux avoir un hand spinner ? S’il te plaît ?”
C’est ce qu’on dit environ 2 millions d’ enfants durant la période folle du hand spinner.

C’est quelque chose que je n’avais pas vu depuis longtemps.

Bien sûr, il y a eu plusieurs modes au cours des deux dernières décennies, mais pas comme celle-ci.

Le jouet le plus vendu de tous les temps, le Rubik’s Cub, s’est vendu à environ 350 millions d’unités.

Pourquoi ces choses sont devenues virales. Peut-on l’expliquer ?

Pour comprendre pourquoi les hand spinners sont devenus viraux, nous devons commencer par les bases : pourquoi les choses deviennent virales.

La plupart des recherches dans ce domaine ont porté sur les émotions.

Pour simplifier, un contenu qui active des émotions fortes est partagé, et ce partage le fait devenir viral.

Plus précisément, les émotions activent l’éveil physiologique qui à son tour stimule l’amygdale (une partie du cerveau), qui contrôle le comportement social (fait que les gens partagent).

Donc, les hand spinners lorsqu’ils sont utilisés activent les émotions, n’est-ce pas ?

Et cela les fait devenir virales, n’est-ce pas ?

En quelque sorte. Creusons un peu plus profondément.

Voici le truc – CERTAINES émotions activent l’excitation, et d’autres non.

Ce sont généralement les plus fortes qui influencent le partage (la terreur et l’excitation intense sont deux éléments qui font que les gens parlent assez vite).

Les hand spinners sont intriguants (essayez-en un – vous verrez).

La question est la suivante : est-ce que être intrigué ou étonné est une émotion ? Et si c’est le cas, est-elle assez forte pour activer ce truc d’Amygdale, et déclencher quelque chose pour qu’il devienne viral ?

L’étonnement est la norme lorsqu’il s’agit de rendre quelque chose viral, mais il est terriblement difficile à activer.

Pour répondre à la première question : Non, être intriguant n’est pas une émotion, c’est un sentiment. Un sentiment est plus complexe, et peut impliquer l’interaction de plusieurs émotions. C’est pourquoi toutes les choses qui intriguent ne deviennent pas virales – en termes simples, il existe différents types (complexes) “d’intriguant” – certains fonctionnent, d’autres non.

L’intrigue commence par l’incertitude, qui active la curiosité, qui crée l’appréhension (une légère peur), qui conduit à l’étonnement. C’est en fait l’étonnement qui provoque l’effet viral, et non l’incertitude, ni la curiosité.

L’étonnement est la référence lorsqu’il s’agit de rendre quelque chose viral, mais il est terriblement difficile à activer. Alors, comment faire pour l’activer ?

En général, l’intrigue est trop douce pour activer le partage. Mais lorsque le processus d’incertitude et de curiosité se prolonge, il en résulte de l’appréhension et de l’émerveillement, ce qui conduit à l’étonnement.

C’est la clé.

Le problème est de prolonger la phase de curiosité suffisamment longtemps pour que l’appréhension et l’émerveillement puissent se développer (étonnement) – c’est la partie délicate.

Pour comprendre comment prolonger la curiosité afin d’activer l’étonnement (et donc le partage viral), nous devons revisiter les recherches de la vieille école sur les émotions négatives.

Depuis longtemps, les psychologues ont compris que les gens ont tendance à se sentir mieux par rapport à une expérience négative après avoir partagé l’histoire avec d’autres (en général, les gens partagent des émotions négatives avec leurs proches).

C’est un vieux truc de psychologue clinicien : faire revivre au patient l’expérience négative pour le mettre sur la voie de la guérison.

Pourquoi ? Parce que l’anxiété écrasante ressentie après un épisode négatif est causée par l’expérience négative qui traverse la tête de la personne dans un cycle constant. Elle ne peut pas s’empêcher d’y penser, c’est émotionnellement épuisant, et la répétition des émotions provoque une détresse permanente. Le cerveau rejoue l’expérience encore et encore à cause de l’incertitude.

Les humains sont biologiquement programmés pour donner un sens à leur environnement (en fait un mécanisme de survie). Comme lorsque vous êtes allongé dans votre lit la nuit et que vous entendez un bruit – vous ne dormirez probablement pas beaucoup avant de vous lever et de le vérifier. Votre cerveau a besoin de lui donner un sens et de clore l’histoire. Les expériences traumatisantes qui se répètent dans la tête d’une personne sont le résultat d’un surmenage du cerveau qui cherche à donner un sens à ce qui s’est passé – à clore l’histoire.

Les hand spinners prolongent la curiosité des jeunes esprits en gardant l’histoire ouverte. Les enfants sont particulièrement sensibles à ce processus, car ils n’ont pas encore développé les compétences nécessaires pour résoudre l’incertitude qui laisse l’intrigue en suspens.

Leur esprit ne peut pas comprendre rapidement ce qui se passe et, par conséquent, l’incertitude et la curiosité conduisent à l’appréhension et à la crainte, et finalement à l’étonnement.

L’étonnement déclenche une excitation suffisante pour activer l’Amygdale.

Des endorphines et de la dopamine sont libérées (une autre réponse de survie, assez drôle), ce qui conduit à un partage social entre les jeunes esprits.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défilement vers le haut